Les Dents de la Mère.

On attendait cette absurde histoire de vagin denté en jubilant d’avance depuis déjà quelques semaines.

Des bites coupées, des v(i)erges prudes, le tableau était posé et on se demandait bien où se planquait l’intrigue. Sûrement dans ce vagin acéré ?

mais rien que ça, ça nous faisait déjà bien rire.

Chaque rose a ses épines, soutitre Teeth, de Mitchell Lichtenstein qui explore la peur de la castration via un mythe re-modernisé : dentata vaginae.

ça sent déjà le kitch à plein nez, d’autant que les personnages sont de parfaits clichés : Dawn est blonde, américaine et pro-pureté, ses amis sont vierges, vont à des vierges-party et ne vont voir que les films autorisés aux moins de 13ans - ceux où il n’y a pas de scène sexy; tandis que son demi-frère tatoué-piercé sodomise les gothopouffes sur fond de death-métal, dans la chambre d’à côté.

Sauf qu’au fil du film, Dawn se révèle de moins en moins ingénue, se surprenant même à éprouver du désir sur fond de mariage pour cet amoureux transi de Tobey. Désir finalement réprimé, évincé par la vision de fourmi géante aux tentacules effrayantes : symbole du Mal ou créature réelle ancrée au fond d’elle ?

De par son abstinence, Dawn devient objet de concupiscence.

Plus le désir monte, plus la tension grimpe et plus la trique de Tobey est difficile à planquer

Et ça part en couille: c’est carrément la débandade pour certains.

Qui s’y frotte s’y pique.

Prenant conscience du pouvoir de son sexe dit faible, Dawn devient Mante Religieuse. Atroce, drôle, touchante, ses mimiques accompagnent sa périlleuse découverte et on salue le brillant jeu de  Jess Weixler.

On suit sa quête du plaisir, rythmé des frissons de dégout et des rires du public . Jamais trop gore, quelques “eeeeuark” en cœur et surtout beaucoup de bonne humeur.

Construction et tension idéales pour un teenage movie à contre-pied, on grince des dents.

Mais, desquelles ?

Back to basics


Marianne. - Tu crois que nous vivons dans une confusion totale?
Johan. – Toi et Moi ?
Marianne. – Non, nous tous.

Ingmar Bergman,
Scènes de la vie conjugale.

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photos©Superconnasses

UN DEUX INTERVIEW !

Un, ils sont deux. Deux, ils sont beaux. Trois, ils sont doués et on aime ça.

One-Two , ou surfer sur un petit courant d’air, aéroglisser sur les trottoirs du monde entier, clapotter des mains et fourmiger du sourire.

En un mot comme en deux, ça balance !

Le mieux, c’est encore de voir leur déhanchés sur scène, leurs jetées dans le public et leurs bonds à travers les fils de branchement. Si vous les avez raté Mercredi 7 mai à la Flèche d’Or, il va falloir migrer jusqu’en Allemagne.

One-Two en BlingBlingGuest chez les SuperConnasses.

Un mot préféré ?
chatterton

Un mot détesté ?
énorme

Une drogue favorite ?
l’amour

Un bruit préféré ?
les fritzzi-pazzi

Un son détesté ?
les pots ninjas

La chanson que tu aurais aimé écrire ?
le coeur grenadine (severin)
surf’s up (frederic)

Un livre/film culte
domicile conjugal (frederic)
la belle histoire du prince de motordu (severin)

Un juron favori ?
ta mère

Qui est à la table de ton dîner de con ?
sebastien cauet

Qui est à la table de ton dîner d’excellence ?
angus young

Qu’aimerais-tu que St Pierre (et Miquelon) te dise aux Portes du Paradis ?
“salut ca va ?”

Quel est le pire tue l’amour ?
les rires de bécasses

Ta pire faute de goût ?
la lamborghini diablo jaune

Un petit plaisir honteux ?
….la branlette

Et ta mère, elle en pense quoi?
elles croient qu’on a arrêté

Le site web sur lequel tu zones ?
www. newrafael. com

Le meilleur spot pour sortir près de chez toi ( c’est où chez toi d’ailleurs ?)
barbes federic : la chope du chateau rouge
pigalle séverin : chez annie , café st georges

Ta superconnassitude ?
mes baskettes roses (frederic)
mes t-shirts de filles , j’assume (séverin)

Monumenta 2008 : Richard Serra

Richard Serra

Monumenta 2008
07 mai - 15 juin 2008
Grand Palais. Paris

Contempler une oeuvre de Richard Serra c’est un peu comme visiter New York pour la première fois, manger le côté gauche du champignon d’Alice aux pays des merveilles, croire en Dieu… On est plus rien, c’est effrayant et rassurant à la fois.

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Photo @ SuperConnasses

…Enfin c’est ce qu’on ressent d’habitude, parce qu’à l’occasion de la deuxième édition de Monumenta, Richard Serra a choisi la monumentalité du vide : le vertige.

Cinq plaques de dix sept mètres de hauteur sur quatre de largeur, légèrement inclinées, s’érigent sur l’axe transversal de la nef du grand palais, lui restituant ainsi toute sa verticalité et permettant, une fois n’est pas coutume, d’admirer le grand palais sans qu’une scénographie labyrinthique n’en vienne gâcher la splendeur.

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Sur ce point ci le pari de Richard Serra est donc réussi : parvenir à structurer le lieu par la présence d’éléments sculpturaux qui, selon le point de vue du spectateur, se succèdent dans leur alignement ou ne s’y inscrivent que par la tranche. Créer une oeuvre dont les possibilités sont infinies car chaque visiteur selon sa position en a sa propre perception.

Mais pour ce qui est de la monumentalité il faudra revenir l’année prochaine. Car si l’oeuvre est effectivement réussie et finit de conférer à son créateur le titre de génie, sa monumentalité ne tient, à mon sens, qu’à l’exception de son contexte.

Extrait.

“- C’est bon, je le tiens mon super-pouvoir. Alors, on dirait que je serais capable d’envoyer des éclairs du bout des doigts. Tu vois, de grands éclairs comme on en voit dans les documentaires à la télé. Et quand je zapperais quelqu’un avec un de ces éclairs, il se retrouverait sous l’eau, dans un endroit où je suis allé une fois, aux Bahamas, un endroit où un milliard de poissons bleu électrique nageaient autour de moi comme si je faisais partie de leur banc… Ensuite il se retrouverait dans le ciel de Manhattan au-dessus du World Trade Center, avec un vol de pigeons au milieu des gratte-ciel et puis… Et puis, quoi ? Et puis il deviendrait un aveugle et serait emporté au loin… et il aurait le mal du pays, comme jamais ça ne lui serait arrivé de sa vie… Ce serait tellement dur qu’il en vomirait. Et il serait abandonné, je ne sais pas, moi… au milieu d’un champ de maïs du Missouri, après la récolte. Et puis, il serait de nouveau capable de voir, et des gens apparaîtraient de tous les côtés du champ. Tous les gens qu’il connaît. Et ils porteraient des lanternes japonaises allumées et des ghetto blasters qui joueraient tous le même morceau et aussi des gâteaux au chocolat, des forêts-noires et il y aurait un coucher de soleil, comme dans les brochures de Disney World, et la personne que j’aurais zappée ne serait plus jamais seule ou isolée. “
Cette nuit-là, ils avaient fait l’amour, séparés par des membranes de latex aux endroits adéquats, minimisant les échanges salivaires, mais avec une intimité inédite depuis le début de leur relation. Ensuite, Wade ne parvint pas à trouver le sommeil. Il ne cessait de penser aux gens qui apparaîtraient aux lisières de son propre champ de maïs dans le Missouri, et à sa famille. Ils étaient tous abîmés - mentalement, physiquement et émotionnellement. Mais les autres familles de sa connaissance n’étaient pas mieux loties : autisme, lupus, schizophrénie, arthrite, alcoolisme, trop de secrets, de mots non prononcés, de mauvais choix, de problèmes d’argent… la liste était infinie. Personne n’y échappait. C’est à ce moment qu’il se souvient que son quarantième anniversaire était passé. Il n’était plus un jeune homme et s’en fichait éperdument.

Toutes les familles sont psychotiques, Douglas Coupland