Archives de Catégorie: #3 Mercredi : cinéconnasses

Ciné Ciné Cinéma, tchitcha !

La Vie au Ranch dans ton canapé

A nos 20 ans,

A nos cheveux gras et nos voix rauques de lendemain de fêtes,

A nos cernes de révisions et nos matin brumeux,

A notre insouciance et nos comptes en banques rouges,

A nos soirées ravagées et nos kilos accumulés dans la bière,

A nos cocktails atomiques et nos discussions sans fin,

A nos chutes d’escaliers et nos larmes d’ivresses,

A nos coups de fil effrénés et nos nuits blanches,

A nos fleurs en plastique cueillies sur le chemin du coucher

A nos aventures sans sexe et nos débauches inconséquentes

A nos fous rires stupides et l’énergie du rien

A nos promptes expériences et nos bleus sur les jambes

A nos rêves disséminés et nos stickers collés dans les chiottes

A nos petites gloires et nos grandes réussites

A la joie simple que nous avions d’être ensembles et à nos coussins de canapés,

A nos 20 ans consommés, et à tous les souvenirs qu’il nous reste à accumuler.

A nos 20ans, cristallisés dans les personnages de La Vie Au Ranch, de Sophie Letourneur.

Du brouhahas incessants, de la gouaille, du cheveux fous, des joggings 90, des boutons, des cernes, des rouges à lèvre, des éclats de voix, des textos  intempestifs, des conversations vides, des tentatives ratées, des questionnements récurrents, des petits mensonges et des grosses embrouilles, du langage imagé qui s’invente au fur et à mesure de la pellicule. Nous avons été ces filles, et sous ce regard sincère sur ces petits imperfections qui font le charme de notre jeunesse, nous avons ri trop fort, parce que nous nous reconnaissions bien trop dans ces situations parfois aussi simple que de pisser entre deux bagnoles.

Pour acheter le DVD, c’est par ICI.

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Une autre image du plaisir

 

Pour voir le trailer, interdit aux moins de 18ans sur youtube : c’est ici.

À 16ans on s’émeut de Dirty Dancing; à 25, de Dirty Diaries.

Douze cinéastes suédoises nous proposent une incu(l)rsion filmique dans l’intimité du sexe.

Conçu pour repenser la sexualité d’un point de vue féminin et féministe, Dirty Diaries propose une vision alternative du plaisir.  Tous les ingrédients d’une bonne pornographie se mixent dans ces courtes propositions : de l’érotisme suggéré à l’hyper réalisme filmé, tous les désirs y trouvent leur compte.

Expérimental et transgressif, la proximité du grain d’image lo-fi nous rend un peu voyeur et nous renvoie à nos propres expérimentations télégéniques. Étonnement décomplexé et libre, drôle et excitant, ce shoot d’adrénaline et de plaisir est trop rare pour ne pas être précieux.

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Italian Boy and the Sweet Heart Land

 

RECTANGLE, c’est ça: « imagine qu’on te décolle un gros bout de scotch de l’anus »

et aussi ça: « Je suis en studio. Ma tête va exploser. J’adore ca. La concentration, les erreurs, le volume. Je te laisse. »

et ça: « On va faire une tournée mondiale en Antarctique parce que les manchots tapent bien des mains. »

et aussi ça: « Comment tu sais que j ai des pédales devant moi je croyais que tu n y connaissais rien en musique – t’as mis des distos sur ta flûte dernièrerment? »

et enfin ça: « Rectangle c’est du dégomme-rock, du rock qui chie ! »

 

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I had a crash on you !

vidéo(c) superconnasses

On s’fait des langues
En Ford Mustang
Et bang !
On embrasse
Les platanes
« Mus » à gauche
« Tang » à droite
Et à gauche, à droite

Then I knew that our love was
Just a car crash away.

(c)Gainsbourg- (c) Marilyn Manson

			

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Nous ne nous battons pas contre des moulins à vents

Si on vous dit qu’il suffit d’une seule personne pour que les choses bougent, vous dites que ce sont des conneries. Parce qu’on est une génération sans cause, sans opinion, sans guerre, sans lutte, sans revendication. Qu’on me jette la pierre si vous n’avez jamais séché une journée de cours pour « faire grève », pour « manifester », en gros pour vous échapper une aprem’ fumer des joints avec vos potes.

Sauf qu’il existe aujourd’hui, des gens qui à un moment se sont dit qu’ils en avaient marre de faire semblant. Sac à dos et multicouches pour les Enfants de Don Quichotte qui ont passé des mois aux côtés des sans-abris pour faire un état des lieux, les comprendre, pour saisir la violence et la gravité de leur situation, pour les rassembler et lutter ensemble, pour faire valoir leurs droits.
Le 22 Octobre prochain sortira en salle(s) le film tourné pendant l’aventure des Enfants de Don Quichotte, raz-de-marée hivernal sur les quai du Canal St Martin il y a presque deux ans.

On n’avait pas oublié leur prestation spectaculaire et leur engagement forcené à faire entendre les droits des citoyens bord-cadres, les mal-logés, les nomades comme ils s’appellent parfois en souriant amèrement.
On avait applaudit l’initiative, on a avait remarqué le puissant outil de communication qu’est Augustin Legrand, porte-parole et fondateur de l’association citoyenne, comme ils n’hésitent pas à le rappeler.
On se demandait pourtant ce qu’ils devenaient, ce que ces braillards kamikazes préparaient à l’heure de la crise financière, à l’approche de l’hiver, pour perpétuer leurs actions citoyennes.

Et bien figurez-vous qu’ils récoltaient ce qu’ils ont semé, plantaient davantage dans le paysage associatif français, remuaient leurs terres et les faisaient fructifier au profit des oubliés. Construisant l’après-remous, l’après-bordel Saint-Martin, l’après violent Quai de Notre-Dame, sans coup de pied médiatique si ce n’est ce film qui retrace l’épique cri d’une juste cause passée sous silence par les politiques depuis trop longtemps.
Ils sont toujours là. Plus discret, plus sages, plus engagés encore. Ils ont juste gagné leur place et leur crédibilité à force d’actions, de rassemblements, d’émulsions dans toute la France, ils ont frappé nos consciences et demandé des comptes sur une situation alarmante. Ils se sont confrontés à la réalité qui agite la France, espérant solliciter les pouvoirs publics, mais surtout les citoyens, sous la cloche du vieux credo « l’union fait la force ».

Toi qui n’y était pas, toi que la misère attriste mais qui – et nous le faisons (presque) tous – pense que tu ne peux rien y faire, toi qui aime faire de bonnes actions sans trop suer : va voir Enfants de Don Quichotte Acte I, t’auras l’impression d’avoir participé au truc, au buzz, à l’aide- et finalement, tu n’auras pas tort, parce que tous les bénéfices du film iront à l’association, pour pérenniser l’action, rendre possible le changement, fabriquer un Acte II encore meilleur.

Et c’est comme ça que ça marche, à coup de petit rien, de pas grand-chose. Juste décider un matin de le faire, un peu, beaucoup, vitalement.

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En Kärlekshistoria

Une histoire d’amour. C’est forcément beau au cinéma.

Surtout au Pays des Gens beaux, j’ai nommé la Suède

A Swedish Love Story, premier film de Roy Andersson- réédité pour son retour sur les écrans avec Nous, les Vivants ( prix Un Certain Regard 2007 ), nous transporte dans les vrais années 70 loin des reconstitutions hypes de films rock’n’roll tendances

On en viendrait presque à être pédophile tellement ces deux enfants épargnés par l’age ingrat sont beaux.

Ils ont la fraicheur de l’innocence, la gaucherie de l’enfance, la tendresse de la découverte du monde secret des adultes et le plaisir simple de s’étreindre au soleil couchant, teinté de la perversité des joies du sexe caché.

Ils sont blonds, comme le veut leur pays. Ils sont bronzé, nous sommes en été. Ils ont quinze ans, notre pire age. Celui où on a fait toutes les conneries, sauf qu’ils les font avec grâce, chevauchant leurs bécanes, blousons de cuir, badigeonnant leurs lèvres de rouge à lèvre rose nacré, mimant le monde adulte, leur limite, leur modèle.

Et ce monde adulte que dépeint Roy Andersson, c’est un monde pathétique où la poésie et le rêve sont remplacés par l’échec et l’absurdité.

Les parents de ces enfants, les grands-parents également, offrent un spectacle déchirant de solitude, d’incompréhension, de raté.

Et le décalage entre la beauté de ce monde adolescent en éveil et la noirceur triste du monde adulte en déclin crée un film étrange où l’unité ne résiste que grâce à l’esthétisme- poussé à son extrême- des images, de la lumière particulière des pays nordiques.

Véritable apologie de l’age adolescent, de sa beauté la plus simple, la plus naturelle, la plus belle : les premiers émois amoureux, porté à l’écran par le regard tendre d’un jeune réalisateur nostalgique de ce temps révolu.

On sait maintenant où Sophia Copola a piqué ses références.

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Quelle Sagan êtes-vous ?

On aurait pu remplacer cette chronique cinéma par un quizz inspiré du film à césar, Sagan de Diane Kurys.

Ou pas.

En bonne SuperConnasse que je suis, de Sagan je ne connaissais rien ou presque. Aucun de ses livres à mon compteur, quelques évocations de sa vie turbulente et encore.

Sagan, pour moi c’était un personnage du paysage français, probablement aussi intéressant que tous les écrivains du folklore américain qui habitent ma bibliothèque.

Et voilà qu’une réalisatrice décide d’exhumer cette femme auteur. Très bien, mais pourquoi ?

Pour nous raconter en deux heures de cinéma cette femme un peu absente, un peu trop présente, cette battante contre les moulins de la bienséance, des règles et des convenances.

Road movie dont le personnage principale n’éclipse ni lieu ni date ni personnages secondaires – on notera de très beaux seconds rôles dont le jeu soigné et juste équilibre un personnage principale si fort.

Pour filmer l’incarnation mimétique de Sylvie Testud, grimée en parfaite Françoise Sagan jusqu’à parodier sa diction.

Pour donner à voir l’horreur d’être une femme qui vit pour sa liberté et son droit de jouir d’elle-même, de son fric et de sa santé. Criant au monde son je-m’en-foutisme, sa fougue, sa maladresse et sa déchéance en prônant le droit. Le droit d’être ce qu’elle est, ce qu’elle veut. Quitte à se détruire.

Pour choquer. Jusqu’à l’inacceptable agonie. Le lit de mort. Les derniers soupirs d’une Sagan abimée. Détruite par sa propre liberté, rattrapée dans sa propre mort, seule.

Et là, on dit non. Pathétique.

Et tant pis les circonstances, tant pis les regrets, tant pis les possibles, tant pis les doutes, tant qu’à être entière

Avait-on envie, après avoir ri de l’humour piquant de notre femme de lettre; frémi face à une liberté sexuelle dépassant les tabous et le  » normal « ; soupiré d’exaspération face à cette exigence, cette rigueur ou ce détachement dont faisait preuve Sagan quant aux questions d’enrichissement, d’éducation ou d’amour; pleuré de joie à entendre ces mots/maux si sincères et si vrais; s’être identifié à cette quête de liberté; avait-on envie de voir ce masque mortuaire dont s’est paré Sylvie Testud pour incarner ces cinq dernières minutes de film ?

N’y avait-il pas de moyen plus subtile qu’une réincarnation plate en bord de mer, pour signifier que Sagan était et restera, dans toute sa sincérité, sa théâtralité, sa fougue, vivante ?

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