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Itinéraire d’un enfant terrible

Lundi 12 mai s’est éteint Robert Rauschenberg, figure majeure de l’expressionisme absrait et précurseur du Pop Art.

Hommage rétrospectif et subjectif à l’enfant terrible de New-York :

 

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1955

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1955-1959

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1964

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1968

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1969

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1981

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1986
 

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Classé dans #5 Vendredi : l'Art, c'est l'ART

Julien Gracq, ou quand la littérature est un sport de combat.

Liberté, je crie ton nom

Il s’est éteint comme il a vécu. Dans la grandeur de la discrétion, loin des rumeurs bourdonnantes des salons parisiens. Le 22 décembre 2007, Julien Gracq, alias Lucien Poirier, est mort des suites d’un malaise à l’âge de 97 ans.

Après enquête, il s’avère que près de 4 personnes sur 5 ignorent -ignoraient- l’existence et l’ oeuvre de cet écrivain du silence et du lieu, de cet artisan de la terre subjuguée, de cet homme de lettres et non de prix, de celui dont la foi acerbe traça la rectitude d’un art ignorant tout du sacrifice.

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« On percevait au contraire chez lui, et clairement exprimée, une tension intraitable éveillée au contact du surréalisme et qui le gardait en état de révolte froide, à la fois inquiet et charmé, prêt à toutes les subversions lucides, à toutes les aventures vraies », résume avec raison André Velter dans le Monde du 24 décembre.
Julien Gracq, c’est aussi un homme ordinaire, comme doivent l’être les gens exceptionnels. Diplômé de l’école Normale Supérieure, il est agrégé d’histoire-géographie, discipline qui transpire dans toutes ces productions littéraires.
Mobilisé en juin 1940, il fait l’ expérience d’une drôle de guerre qu’il relatera plus tard, en 1958, avec Un balcon en forêt. En 1945, il publie son second roman, Un beau ténébreux, où se ressent toujours l’influence du surréalisme et de la mythologie celtique. Le mythe du Graal est également présent dans une pièce de théâtre écrite parallèlement, Le Roi pêcheur. Représentée au Théâtre Montparnasse de Paris en 1949, avec Maria Casarès dans le rôle de Kundry, elle est mal reçue par la critique qui juge la pièce inactuelle et trop précieuse. Ces commentaires injustes provoquent une réponse de l’écrivain dans un bref mais féroce pamphlet sur les moeurs littéraires, publié en 1950. Intitulé La Littérature à l’estomac, le texte stigmatise tout à la fois l’incompétence de la critique, le système du vedettariat des écrivains exhibés comme bêtes de foire et la farce des prix littéraires. Un sentiment qui n’a rien perdu de son actualité.

L’éblouissement et la fureur

Installé à Paris à partir de 1947, Julien Gracq enseigne, et jusqu’à sa retraite en 1970, l’histoire-géo au Lycée Claude Bernard . En septembre 1951, l’écrivain connaît le succès avec la publication de son chef-d’oeuvre, Le Rivage des Syrtes, où il évoque des paysages marins envoûtants qui engloutissent inexorablement une sorte de cité vénitienne pourrissante. Le roman reçoit le Prix Goncourt 1951 mais il refuse le prix pour les raisons décrites dans La Littérature à l’estomac. Suivent une dizaine d’ouvrages dont je ne ferai pas ici le détail. Ces textes, où l’écrivain exprime sa haute conception de la littérature et sa vocation de géographe, sont plus considérés comme des « vues » instantanées que comme des fictions. Pour Julien Gracq, le langage est l’instrument qui permet « de communier avec le monde, de le comprendre mystiquement ».
Au total, Julien Gracq, reconnu aujourd’hui comme l’un des plus grands écrivains français du XXe siècle en dépit de son petit nombre de lecteurs, a publié 19 livres. La plupart, destinés à un public lettré, n’ont pas connu de grands tirages et n’ont jamais été publiés en poche. L’appanage des génies probablement. Il est entré de son vivant dans la collection de la Pléiade (2 tomes, 1989 et 1995). Une reconnaissance qu’il n’a pas volé.

Lisons Gracq. Lisons-le comme celui qui, dans l’éclat des colères dignes et contenues, fit de sa vie un engagement debout: une marche de longue haleine vers le sentiment du sacré et du vrai. Et honorons-le comme le représentant d’un hommage sans cesse renouvelé à « cette vertu essentielle de revendiquer à tout instant l’expression de la totalité de l’homme, qui est refus et acceptation mêlés, séparation constante et aussi constante réintégration (…) en maintenant à leur point extrême de tension les deux attitudes simultanées que ne cesse d’appeler ce monde fascinant et invivable où nous sommes : l’éblouissement et la fureur. »

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