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WE’RE NOT DEAD YET

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Classé dans #6 Samedi/Dimanche : Gossip

Das Grüt.

Il y a des soirs où les envies se déchaînent. Où le plaisir de se retrouver, de retrouver l’autre, les autres. De chacune son temps de paroles pour partager au groupe ses bonheurs, ses haines, ses doutes. Le dîner de réunion.

Et puis il y a ce moment d’euphorie sublime, hors corps, hors temps, hors contrôle. Qui monte, crescendo, et qui descend des lèvres au fin fond des muscles abdominaux, jusqu’à nous tordre de douleur, nous faire perdre le souffle et malgré tout rire aux éclats dans une hystérie, collective à nous quatre.

Tout a commencé par une table, quatre chaises, une alcôve dans un endroit bruyant.
Un mec. Qui essaie sans doute d’approcher le clan d’Apaches endiablées que nous formons, à chacune son style de guerrier.
Il essaie de parler à Claire. Qui ne comprend rien. Qui le dit d’ailleurs.
Il s’adresse ensuite à Salomé. Qui ne comprend rien.
Et dans le haussement d’épaule et la persistance de ce pauvre type à  baragouiner sans doute, sur le bien fondé de nos beautés respectives, des élans de suédois ikéa s’emparent de nos bouches,déversant convulsivement sur des airs étonnés et amusés, des diatribes de non sens.
Et ça monte. Toujours plus fort dans le délire des langues absurdes. Et le jeu qui prend entre nous. Et les rires de la gouaille inventée.
Et quand le type, spectateur impuissant de nos diatribes « mobilier tout fait », nous demande d’où on vient, c’est dans un murmure collectif qu’on chuchote Dansk, et ce cri de ralliement se fait de plus en plus fort jusqu’à se donner des indices quant à la signification pour les non-anglophones d’entre-nous : Copenhague en Dansk-heu appuyé sur les voyelles gutturales, ça donne coppeunHhagueu.

Le grand frisson collectif qui précède l’hystérie générale, la montée. Toujours plus fort, toujours plus rude, toujours plus et les mots en magma général et intonations grondantes. Quatre abeilles qui zigzaguent en commun, butinant la même fleur de folie. Et de nos corps sortent des cris, et des claquements de mains sur nos torses et la table victime de nos impulsions danskesques.

Le haka néo-zélandais n’a qu’à bien se tenir, les SuperConnasses ont la cage thoracique puissante et le cri facile. C’était sans compter sur la gestuelle rythmant nos chants de ralliement.
Les supporters de foot, s’il y en avait eu à ce moment-là se seraient sans doute planqué sous leurs fanions.

Rien ne tient face à une horde de meufs délestées de toute superficialité et convenance, absente de la bienséance tant qu’il y a à s’exprimer et à s’exploser en rires de gorge profonds et en halètements essoufflés.

Et plus rien de ce qui préexistait avant nous ne résiste. Plus de murs, nous les repoussons de nos rires ; plus de gens, nous les détruisons de nos élans simiesques ; plus de temps, pulvérisé par les bris de nos esclaffements.

Et la conclusion de tout ça, mis à part la contraction ferme de nos ventres mous, c’est qu’il fait bon parfois d’agir comme un homme et de se moquer de tout, jusqu’à nos fronts suants et notre bave satisfaite d’un rire bien expulsé.

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