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Nous ne nous battons pas contre des moulins à vents

Si on vous dit qu’il suffit d’une seule personne pour que les choses bougent, vous dites que ce sont des conneries. Parce qu’on est une génération sans cause, sans opinion, sans guerre, sans lutte, sans revendication. Qu’on me jette la pierre si vous n’avez jamais séché une journée de cours pour « faire grève », pour « manifester », en gros pour vous échapper une aprem’ fumer des joints avec vos potes.

Sauf qu’il existe aujourd’hui, des gens qui à un moment se sont dit qu’ils en avaient marre de faire semblant. Sac à dos et multicouches pour les Enfants de Don Quichotte qui ont passé des mois aux côtés des sans-abris pour faire un état des lieux, les comprendre, pour saisir la violence et la gravité de leur situation, pour les rassembler et lutter ensemble, pour faire valoir leurs droits.
Le 22 Octobre prochain sortira en salle(s) le film tourné pendant l’aventure des Enfants de Don Quichotte, raz-de-marée hivernal sur les quai du Canal St Martin il y a presque deux ans.

On n’avait pas oublié leur prestation spectaculaire et leur engagement forcené à faire entendre les droits des citoyens bord-cadres, les mal-logés, les nomades comme ils s’appellent parfois en souriant amèrement.
On avait applaudit l’initiative, on a avait remarqué le puissant outil de communication qu’est Augustin Legrand, porte-parole et fondateur de l’association citoyenne, comme ils n’hésitent pas à le rappeler.
On se demandait pourtant ce qu’ils devenaient, ce que ces braillards kamikazes préparaient à l’heure de la crise financière, à l’approche de l’hiver, pour perpétuer leurs actions citoyennes.

Et bien figurez-vous qu’ils récoltaient ce qu’ils ont semé, plantaient davantage dans le paysage associatif français, remuaient leurs terres et les faisaient fructifier au profit des oubliés. Construisant l’après-remous, l’après-bordel Saint-Martin, l’après violent Quai de Notre-Dame, sans coup de pied médiatique si ce n’est ce film qui retrace l’épique cri d’une juste cause passée sous silence par les politiques depuis trop longtemps.
Ils sont toujours là. Plus discret, plus sages, plus engagés encore. Ils ont juste gagné leur place et leur crédibilité à force d’actions, de rassemblements, d’émulsions dans toute la France, ils ont frappé nos consciences et demandé des comptes sur une situation alarmante. Ils se sont confrontés à la réalité qui agite la France, espérant solliciter les pouvoirs publics, mais surtout les citoyens, sous la cloche du vieux credo « l’union fait la force ».

Toi qui n’y était pas, toi que la misère attriste mais qui – et nous le faisons (presque) tous – pense que tu ne peux rien y faire, toi qui aime faire de bonnes actions sans trop suer : va voir Enfants de Don Quichotte Acte I, t’auras l’impression d’avoir participé au truc, au buzz, à l’aide- et finalement, tu n’auras pas tort, parce que tous les bénéfices du film iront à l’association, pour pérenniser l’action, rendre possible le changement, fabriquer un Acte II encore meilleur.

Et c’est comme ça que ça marche, à coup de petit rien, de pas grand-chose. Juste décider un matin de le faire, un peu, beaucoup, vitalement.

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CashBack contre Cashback

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Il n’est pas rare de constater qu’en amont de premier long-métrages se trouvent des court-métrages pertinents, qui perdent en saveur lorsqu’ils gagnent en minutes.

C’est le cas de Cashback version longue de Sean Ellis.

Innaperçu lors de sa sortie en salle, loué en DVD par une sombre connasse un jour d’ennui:

Jaquette mystérieuse, noms d’acteurs qui sonnent comme déjà entendu mais aucunement vus, l’odeur d’un premier film un peu underground anglais.

Histoire simple, recette idéeale : garçon paumé plein d’imagination, ennui et temps d’insomnie à combler, supermarché, personnages typiques, stupides, poésie, délicatesse des images, de pensées en voix off.

Un soupson d’irrationnel dans un conte terre-à-terre.

Le film effleure, sans marquer. C’est doux, c’est sympathique, triste quand il faut, drole comme il faut, palpitant comme on veut, excitant, un peu frustrant, et puis finalement on est content.

Parce que ça se finit bien : on a exactement eu le pannel de sensations et de pensées justement dosées.

Cashback, c’est un film bien comme il faut.

Et justement, parce que tout est trop  » parfait « , on s’emmerde un peu.

Sauf que :

Le court-métrage était déjà amplement suffisant. Drole, satyrique, saisissant, magique.Beau.

L’heure en plus qui brode autour des ces 15minutes de bonheur n’avait pas lieu d’être.

CashBack aurait dû rester un bijou du court-métrage.

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