Archives de Tag: bd

Marteaux, les requins !

La meilleur maison d’édition de BD contemporaine à la dérive !

Parce qu’on aime ( et qu’on a encore envie de se palucher discretos’ sur la collec BDCul ),

les superconnasses en appellent à votre générosité

pour sauver LES REQUINS MARTEAUX de la noyade  !

Pour consulter le catalogue c’est ici : PUBLICATIONS

Publicités

1 commentaire

Classé dans #4 Jeudi : They Say So ..., #6 Samedi/Dimanche : Gossip

Fraise et Chocolat à dévorer l’Hiver.

Charles-François Mittérand de (la) Gaulle élu chez les SuperConnasses pour vous faire part de ses lectures imagées.

Cliquez sur la planche pour en lire plus…

Les premières filles nues que je vis furent en bande dessinée. Mon père ne se souciait pas trop que ses fistons tombent sur les albums de sa jeunesse, et il éprouvait même un certain amusement à nous voir lire en cachette ces ouvrages toujours légers et juste ce qu’il faut de scabreux.
J’ai appris à être loufoque avec les filles comme Léon la Terreur, à percevoir le sexe comme un instant charnel dont la force vous enlève toute notion du temps avec Little Ego, ou comme la source d’un questionnement constant, et quasi maladif sur les rapports hommes-femmes avec Bernard Lermite. Mon éducation sexuelle ne s’est pas faite que de bandes dessinées, mais les premiers déclics doivent tout à des cases de couleurs nés d’esprits plein de fantasmes inavouables, et je souris quand je réalise que je ne serais pas comme ces gamins qui apprendront ce qu’est une sodomie sur You Porn.

Amos Oz disait qu’Israël était trop important pour que son destin soit laissé aux seuls israëliens, dans un même sens, le sexe est bien trop important pour qu’on laisse les seuls pornographes décider de son image, et les seuls curés nous imposer la perception que nous devons en avoir. Avec Lewis Trondheim et Marjane Satrapi, c’est toute une vague de filles et de garçons, avec ou sans bon coup de crayon, qui se sont lancés dans la bande dessinée pour raconter leur quotidien, et par là nous livrer un regard sur notre propre existence. Avec Aurélia Aurita, le sexe au quotidien a enfin son album.
Il-y-a quelques années, cette dessinatrice de 28 ans se rendait au Japon pour rejoindre Frédéric Boilet, dessinateur français expatrié qui a trouvé le succès à l’autre bout du globe, et dont la rencontre en France quatre mois plus tôt avait fait naître un amour qui n’aura d’égal… que les ébats auxquels ils vont s’adonner.

“Fraise et chocolat” est le deuxième album d’Aurélia Aurita. Dans un style graphique simple mais qui ne manque pas de pétillant, elle nous livre, à nous voyeurs, les longues séances de sexe qui vont occuper les nuits et les journées de nos héros bien réels. Le naturel avec lequel le sujet est traité peut d’abord troubler, mais vite la gène s’envole et de cases en cases on retrouve ses propres aventures, ces séjours un peu exceptionnels passé à faire l’amour avec une personne que l’on aime et durant lesquels on ne met pas le nez dehors pendant quatre jours d’affilés. Ces instants où l’on se réveille à deux sur la moquette du salon car il nous fallait niquer dans l’instant, même si le lit n’était qu’à cinq mètres. Ce satané film qu’on a loué au vidéo-club et qu’on n’arrive pas à regarder en couple, car à chaque essai le canapé se transforme tout de suite en champs de baise.
Ces expériences que l’on ne fait qu’avec celle, ou celui, qu’on aime, car jamais on oserait proposer de faire l’amour avec des légumes à l’aventure d’un soir.
On est gêné d’en apprendre tant sur ces deux inconnus, mais le voyeurisme prend le dessus et l’on continue sa lecture, en prenant garde que les autres clients de la Fnac ne nous surprenne pas en pleine observation d’une séance de fist fucking. Car tout y passe dans ce recueil érotique plein d’humour, qui laisse même une place pour les premières peurs qu’inspirent les sentiments naissant, l’impression de ne pas être dans le vrai, mais aussi la remise en question d’une sexualité jusqu’ici vécue sur le mode de la boulimie du coup de rein, loin de tout amour.
À sa sortie en 2006 l’album connut un franc succès, et les clap clap commandèrent à Aurélia Aurita de remiser. “Fraise et Chocolat” demande à être suivit de la lecture de “Fraise et chocolat 2”, la suite logique d’une aventure amoureuse qui est devenu histoire, et où le sexe garde toute sa place mais doit partager un peu de son temps avec la construction du couple. L’érotisme du premier volume laisse la place aux sentiments, aux questionnements amoureux, à la difficulté de vivre à deux, et aux premières grises mines de ces matins maussades où l’être aimé est devenu cet ennemi si intime.
Mais ce même être est déjà bien apprivoisé, et d’un amour mal dégrossi et débordant, l’on passe à une histoire qui trouve ses bases (toujours très sexuelles!).

“Fraise et chocolat” nous parle car chacun a déjà vécut un peu de son contenu, et le charme ne s’envole pas dés la quatrième de couverture refermée, tant nous savons que ces prochains matins, ces prochaines nuits, nous écrirons la suite.

1 commentaire

Classé dans Uncategorized