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Le théâtre est mort, vive le théâtre.

À la question, que fait-on quand on est en colère contre le monde entier et soi, Vincent Macaigne répondrait qu’on exalte ses angoisses et ses démons dans un jeu de marionnettes humaines à torturer sur scène, à violer, à détruire, à accuser, à starifier, à décharner, à critiquer, à aimer, finalement.

Amour, haine, amour, violence, haine amour fratricide violence haine amour violence haine amour meurtre sang viol violence haine amour haine amour violence viol violence haine amour amour amour violence violence haine haine amertume déception haine amour viol violence douceur, silence, désespoir, abandon haine violence colère amour gloire échec viol violence douceur désespoir .

Claque sur claque pour mieux tendre l’autre joue.

Il n’y a pas de répit en Enfer, mais ce que nous montre REQUIEM III, c’est la Vie dans sa plus grande simplicité et dans sa magnifique horreur. Amour fratricide, viol désespéré, chagrin et déception. Ça pue la terre, ça goûte le sang. Le tout saupoudré de paillettes d’or.

Que la fumée remplisse nos poumons, que les «  j’aurais voulu être… » nous arrachent les tripes et que nos yeux tombent au fond de nos estomacs vides devant l’exécution périlleuse de figures de cirque indomptables.
Les hommes sont des vers peints en rouge qui grouillent dans la poussière de notre misère, et pourtant dans cette tentative de mouvement effrénée, on s’attache à ces représentations d’hommes, guidés par leurs pulsions les plus sauvages, les plus primaires parfois. Jusqu’à nous rendre animaux.

Le théâtre est mort, vive le théâtre.

Chaque action, chaque petit mouvement, chaque distorsion est un tableau, un tableau vivant, mouvant, violent. Évoluant sous nos yeux embués.

Il n’est plus question de textes déclamés, de scènes parquées, de rideaux rouges. Macaigne détruit toutes les codifications du théâtre, enfant turbulent qui pourtant tire les ficelles avec justesse, chorégraphie des bagarres en forme de danses, scénographie la décadence avec goût et joue avec nos émotions, d’effet de surprise en désenchantement.

Ici, on ne se cache pas derrière le filtre d’un écran de cinéma, abstraits à la violence.La scène, la temporalité, l’action sous nos yeux nous forcent à les affronter.
Parce qu’elles sont justement mises en scène, les choses les plus horribles nous semblent belles, esthétisées et pourtant vraies, orchestrées jusqu’au final majestueux, dernière claque avant la fin de l’apnée.

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Classé dans #5 Vendredi : l'Art, c'est l'ART