Quelle Sagan êtes-vous ?

On aurait pu remplacer cette chronique cinéma par un quizz inspiré du film à césar, Sagan de Diane Kurys.

Ou pas.

En bonne SuperConnasse que je suis, de Sagan je ne connaissais rien ou presque. Aucun de ses livres à mon compteur, quelques évocations de sa vie turbulente et encore.

Sagan, pour moi c’était un personnage du paysage français, probablement aussi intéressant que tous les écrivains du folklore américain qui habitent ma bibliothèque.

Et voilà qu’une réalisatrice décide d’exhumer cette femme auteur. Très bien, mais pourquoi ?

Pour nous raconter en deux heures de cinéma cette femme un peu absente, un peu trop présente, cette battante contre les moulins de la bienséance, des règles et des convenances.

Road movie dont le personnage principale n’éclipse ni lieu ni date ni personnages secondaires – on notera de très beaux seconds rôles dont le jeu soigné et juste équilibre un personnage principale si fort.

Pour filmer l’incarnation mimétique de Sylvie Testud, grimée en parfaite Françoise Sagan jusqu’à parodier sa diction.

Pour donner à voir l’horreur d’être une femme qui vit pour sa liberté et son droit de jouir d’elle-même, de son fric et de sa santé. Criant au monde son je-m’en-foutisme, sa fougue, sa maladresse et sa déchéance en prônant le droit. Le droit d’être ce qu’elle est, ce qu’elle veut. Quitte à se détruire.

Pour choquer. Jusqu’à l’inacceptable agonie. Le lit de mort. Les derniers soupirs d’une Sagan abimée. Détruite par sa propre liberté, rattrapée dans sa propre mort, seule.

Et là, on dit non. Pathétique.

Et tant pis les circonstances, tant pis les regrets, tant pis les possibles, tant pis les doutes, tant qu’à être entière

Avait-on envie, après avoir ri de l’humour piquant de notre femme de lettre; frémi face à une liberté sexuelle dépassant les tabous et le  » normal « ; soupiré d’exaspération face à cette exigence, cette rigueur ou ce détachement dont faisait preuve Sagan quant aux questions d’enrichissement, d’éducation ou d’amour; pleuré de joie à entendre ces mots/maux si sincères et si vrais; s’être identifié à cette quête de liberté; avait-on envie de voir ce masque mortuaire dont s’est paré Sylvie Testud pour incarner ces cinq dernières minutes de film ?

N’y avait-il pas de moyen plus subtile qu’une réincarnation plate en bord de mer, pour signifier que Sagan était et restera, dans toute sa sincérité, sa théâtralité, sa fougue, vivante ?

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2 Commentaires

Classé dans #3 Mercredi : cinéconnasses

2 réponses à “Quelle Sagan êtes-vous ?

  1. je n’ai pas vu le film. je pense que je n’irai pas le voir. j’ai ses livres sur mon étagère, et beaucoup de ses frasques en tête. je pense que c’est suffisant. je me demande si ce film était vraiment nécessaire. peut-être pour ceux qui sont passés à côté d’elle. mais c’est pas pareil.

  2. C’est un film à César, un film dans l’air du temps des biopicts en plus rock’n’roll que La Môme; un truc grand public pour faire frémir les ado et jubiler les vieilles dames
    rien de plus rien de moins.

    un bon divertissement, qui aurait mérité peut-être de rester télévisé.

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