La mia vida loca

hd_mam_alex


Je voulais donner mon corps aux marées, je voulais naître et mourir dans les rochers ; je voulais être la forêt, les tempêtes, les étoiles encore ; mais pas les mots pour le dire.

Je voulais t’écrire et te dire que j’ai mangé trop de médicaments, Bi-profénid Tétrazepam Tramadol et Rivotril, que mon corps de vingt-et-un ans était vieux, fatigué et meurtri, que je portais en moi le poids de l’impossible, que je voulais sauver les restes, mais c’est quoi les restes ?
Quand je n’ai plus que cette montagne en moi, les cris dehors et les maux en-dedans, et cette proximité de la douleur qui me confond.

Je voulais te dire que de mon lit je peux voir la mer et la montagne, les Incas et les Mayas, Tetrazepam et Tramadol, que la pharmacienne est une salope, que mon corps appartient à des industriels qui font crever des Indiens, que mes mots disparaissent et que j’ai peur pour moi.

Que le radiologue a dit que je n’avais pas un corps de jeune fille, que le rhumato a dit que j’aurai mal en mettant bas, et si ce ne sont que des mots ce sont quand même mes maux à moi.

Je voulais t’écrire et te dire que j’appartiens à ces mots-là, que dehors il fait beau et que je ne peux plus marcher, qu’on défile sur le Champs de Mars et que j’ai épousé ma télé.
Que la réalité de mon état a de quoi insulter tous les poètes du monde, et que mes maux à moi valent plus que les leurs.
Que je te donne mes lombaires, que je te donne mes dorsales, et même mes symptômes sphinctériens si tu veux.
Mais que si c’est chacun sa montagne, je garde la Première Sacrée.

mamie_lucs

hd_sarah.bruce

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1 commentaire

Classé dans #2 Mardi : BeMyPict

Une réponse à “La mia vida loca

  1. Merci de nous dire ce que tu as dans le ventre toi qui souffre et nous qui t’aimons.

    Un jour les vieux seront jeunes et toi tu seras reine.

    Merci pour tes mots les doux et les vrais.

    Laisse moi donner vie au son confondre les matières oublier nos corps une nuit et que ça pique encore.

    Merci pour la route et la pluie le rouge et la bougie.

    La folie de la plume et la fragilité d’une corde la boulimie de l’esprit et la volonté affirmée du vouloir encore faire chier.

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