Trash affair

L’Etat de l’Angleterre est un tout petit bouquin qui rassemble deux nouvelles pas déguelasses du tout de Martin Amis.

Dans Nouvelle Carrière, Amis scrute l’activité d’écriture à la lumière des excès de la société de consommation. Le sonnet est un objet de bunch-marking, les éditeurs ont des discours de traders et Luke, riche poète en vogue, passe son temps à scruter les études de marché.

Parallèlement, Alistair est un authentique scénariste qui envoie sagement et en vain ses manuscrits les uns après les autres à Hugh Sixsmith, journaliste aussi enthousiaste qu’incompétent.

Une nouvelle pas indispensable mais pleine de couleurs vraies des difficultés et futilités du milieu.

 

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photo©esther-k.

 

Mal – Big Mal – est le héros de l’Etat de l’Angleterre et il aimerait bien être un bon père. Sauf qu’il vient de quitter femme et enfant pour une hindoue de 18 ans, qu’il n’a pas de boulot stable, qu’il se fait dézinguer tous les 3 jours, qu’il ne communique que par téléphone portable et qu’il n’est même pas foutu d’entraîner son gamin pour la course de l’école.

L’Etat de l’Angleterre raconte la difficulté ordianire, la petite marge appelée réalité et qui sépare ce qu’on voulait être de ce que l’on devient vraiment.

Petit malfrat au grand coeur, Mal va tenter, le temps d’un dimanche un peu trop chaud, de raccomoder sa gueule, sa famille et son destin.

 

Sous la plume acérée de Martin Amis, biographe de l’Angleterre moderne, les plus mal barrés ont aussi droit à l’erreur, puis au miracle. Véritable portraitiste, il réussit un savant mélange en conférant à ses peronnages juste ce qu’il faut d’ingratitude et d’antipathie, juste ce qu’il faut de pathétisme – et donc, d’humanité.

« Ensemble dans leur lit, Linzi et lui -Big Mal et Shinsala- regardaient « Chaudes Filles d’Orient ». Dorénavant, toute leur vie sexuelle se fondait sur « Chaudes Filles d’Orient », avec le magazine, le jeu vidéo, le CD. « Chaudes Filles d’Orient », se disait Mal, était une éape importante dans l’évolution des rapports interraciaux de ce pays. Des hommes blancs et des femmes asiatiques atteignaient l’orgasme ensemble dans une hybridation électronique. En Angleterre, il était désormais permis à n’importe quel petit branleur de jeu vidéo d’avoir qui sa Fatima, qui sa Fetnab. »

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Classé dans #4 Jeudi : They Say So ...

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