Les Fables Robotiques de Park Chan-Wook

Je suis un Cyborg

 

On connaissait la trilogie de Park Chan-Wook – Sympathy for Mr Vengeance, Old Boy et Lady Vengence – parce qu’à l’époque du carton de Old Boy on nous avait dit « le cinéma coréen c’est vraiment ce qui se fait de mieux en ce moment » et face à la pénurie de film non seulement bon mais surprenant, on avait acquiescé.

Suivirent quelque trois ans de silence écran ; Old Boy s’inscrivant dans nos références filmographiques, tandis que les deux autres volets furent plus contestés, moins encensés, surtout diffusé qu’en DVD.

Et puis entre deux publicités pour la glace trop bonne qui te donne des orgasmes, on a vaguement entendu que le réalisateur de Old Boy remettait ça, on a eu un flash d’image et un titre énigmatique. Non seulement les noms de réalisateur coréen c’est aussi difficile à retenir que les déclinaisons russes, mais en plus quand ils donnent à leurs films des titres de série bidon, en l’occurrence « je suis un cyborg », c’est certain que ça nous laisse dubitatif.

Quoiqu’il en soit, pleine de curiosité un dimanche soir, la mémoire me revient vaguement, je me dis que je vais clore mon week-end par ce film, après avoir zoné sur le site internet ( que je vous recommande, amis des belles images ) de celui-ci et être littéralement tombée sous le charme.

Je vous épargne le déplacement en métro, le fin fond du XVe et les beaufs de la salle de cinéma. Je vous dirai juste que ça en valait le coup.

Habituée par la trilogie à un univers froid, dérangeant, survolté, j’ai été agréablement surprise par le bol d’air frais qui émane de cette histoire.
Ok, le « pouvoir de l’amour, c’est possible, c’est beau c’est grand – même dans un hôpital psychiatrique envahi de condamnés mentaux » ça sonne un peu cul-cul.
Sauf que non. C’est loin d’être débilisant, c’est parfois drole, souvent attendrissant, toujours assez juste, féerique – sans l’aspect rose bonbon ridicule, beau et en même temps ancré dans le monde le plus sombre, celui de la folie. On aime les histoires farfelues, les personnages qui se déploient, les métaphores et les jeux mis en place pour parler de la maladie, la douce hystérie, les mécaniques qui se déploient, le rythme haletant, les couleurs saturées, la vie qui prend le dessus.

C’est beau et on sait pas toujours dire pourquoi.

Ca fait frissonner comme une coccinelle qui parcourt les poils des bras un matin d’été.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans #3 Mercredi : cinéconnasses

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s